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Le blog des associations dans le verdon

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Espace pour partager les informations des associations du secteur du Verdon

Petite(s) histoire(s) de « La Verdissole » (suite)

Petite(s) histoire(s) de « La Verdissole » (suite)

(Société de Pêche de St André-les –Alpes)

 

L’exploitation des bassins nous a conduits, au fil des années, à faire preuve d’imagination, encouragés par le garde-pêche de notre secteur, Christian Peuget, aujourd’hui agent de l’ONEMA.

Ce fut d’abord la « rigole à gammares », alimentée par l’eau de la source située au-dessus de la falaise de tuf ; les crevettes proliférant dans la mousse auraient dévalé jusque dans le grand bassin où les truitelles se seraient gavées de cette manne naturelle. Hélas, nous ne savions pas alors que la source ne coulait que de façon (très…) intermittente. Amateurs de beaux paysages, vous pourrez admirer en hiver de splendides chandelles (stalactites et stalagmites) le long de la paroi constituée par un conglomérat de cailloux arrondis, un poudingue datant sans doute de l’ère secondaire.

Dans le même but, toujours afin d’apporter aux alevins une nourriture naturelle, on acheta un tissu spécial pour fabriquer un filet à plancton. Il nous permettrait de le piéger , en été, dans le lac de Castillon ; nous le congèlerions dans des pots à yaourts et le conserverions dans un frigo dont un garde-pêche devait nous faire cadeau ; mauvaise surprise, le plancton était absent au rendez-vous, ou du moins en quantité très insuffisante…

( Alevins de truite fario en cours d’éclosion)

 

 

Faisant preuve d’une persévérance inaltérable, nous poursuivîmes nos expériences. Dans l’écloserie, des casiers disposés en série dans de grands bacs recevaient fin décembre des milliers d’œufs embryonnés.

Après leur éclosion et la résorption de la vésicule, il fallait les nourrir pendant quelques semaines et donc se rendre aux bassins tous les jours. Pour éviter une partie de ces déplacements qui duraient environ 2 mois, on bricola, avec des mécanismes de vieux réveils, un distributeur automatique de nourriture (de la farine de poisson). Nous n’avions pas pensé que l’humidité de l’abri collerait la farine sur le tapis se déroulant au-dessus des casiers : le système s’en trouva rapidement bloqué. A tour de rôle, par équipes de deux, nous nous rendions au Pont d’Allons, quel que soit le temps, dans la neige et par des températures parfois sibériennes, pour nettoyer les casiers , qui risquaient d’être pollués par toutes sortes de déchets ( enveloppes des œufs, œufs blancs ou moisis, alevins tordus ou bicéphales, résidus de nourriture…) L’abri était chauffé par 2 radiateurs et les notes d’électricité augmentaient quelque peu le prix de revient des alevins…

Une année, un grand nombre d’alevins furent atteints d’une nécrose sur la nageoire dorsale et certains perdirent un œil. Un vétérinaire, spécialiste des maladies des poissons venu de Lons- le-Saulnier, ne réussit pas à déterminer les causes de cette anomalie et son intervention nous coûta fort cher…. Heureusement pour nous, c’est la Fédération qui paya la facture. L’explication de notre technicien du CSP nous parut finalement très plausible : le stress du transport, le changement de milieu et la carence alimentaire pendant le sevrage dans un bassin récemment mis en eau, voilà qui pouvait expliquer cette nécrose, qu’on n’observa plus dans les années qui suivirent. Cette année-là, la production fut médiocre (3 à 4000 truitelles, contre 8 à 10 000 en année normale).

Le grossissement en bassin, pour certains, est (je devrais dire « a été »…) une technique d’élevage remarquable, qui permet d’aleviner les cours d’eau en sujets de bonne qualité ; pour d’autres, cette technique est lourde et coûteuse et il est difficile de garantir son efficacité. Je dois avouer que je ne suis certain de rien car le milieu aquatique constitue un écosystème difficile à explorer. De nouvelles études sembleraient conclure au seul succès des alevins lâchés en rivière à l’âge de 2 mois ; malgré de grosses pertes, la capacité d’adaptation des survivants leur permettrait seule d’atteindre un jour l’âge adulte. Prévues dans le cadred’application du Plan Départemental Piscicole de Gestion (PDPG), des études génétiques de sujets issus de nos élevages pourront sans doute répondre à nos interrogations.

En dehors des bassins, la Société de Pêche a manifesté son dynamisme dans bien d’autres domaines. Au lac, dans les années 85 à 2000, furent créés des postes de pêche, une plate –forme pour handicapés, une mise à l’eau des bateaux , un sentier des pêcheurs ( au fil de l’eau, du début de la digue au plan) ; on planta des osiers pour matérialiser l’ancienne route de St Julien et constituer des abris pour les poissons, on ensemença pendant plusieurs années la queue de retenue en orge et en vesce afin de créer une prairie artificielle à vocation de frayère ( elle fit aussi le bonheur des transhumants à leur montée vers les alpages et il fallut la clôturer…). Le long de la route, avec l’aide de la DDE et du SIVOM (devenu aujourd’hui la CCMV), on installa des poubelles, soigneusement habillées d’un cache en bois ; un second sentier fut ouvert au quartier des Greyttes, (avec une passerelle sur le 1er vallon) jusqu’à la « pairie » à l’orée d’une pinède où se retrouvent dès le début de l’été pêcheurs, promeneurs baigneurs et autres amoureux d’espaces encore peu fréquentés .Au pont de Méouilles, un panneau d’informations pour les pêcheurs est mis à jour régulièrement et son auvent sert quelquefois d’abri aux promeneurs surpris par la pluie.

 

(Au pont de Méouilles , panneau d’information pour les pêcheurs)

Tous ces aménagements, créés à une époque où les aides financières étaient faciles à trouver (de même que la main d’œuvre bénévole…) ont aujourd’hui vieilli et demandent un entretien parfois difficile à assumer. Comme la plupart profitent aussi bien aux autochtones qu’aux vacanciers, nous envisageons de demander aux communes concernées par le développement touristique de participer, chacune selon ses moyens, à leur maintenance.

Mais revenons à la vie de « la Verdissole ». Des pêcheurs m’ont rapporté des histoires étonnantes …

 

La suite prochainement…

 

Francis Granet

 

 

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